Sac de Mary Poppins

Carnet de voyage / Travel diary – 1st Part

Aujourd’hui, je souhaitais échanger autour d’un sujet qui me tient vraiment à coeur : les voyages et rencontres. Dans la deuxième partie, j’irai un peu plus loin en y intégrant ce qu’il représente d’une manière plus générale pour moi. N’hésitez pas à commenter ou partager si le coeur vous en dit.

Pour moi, le mot « voyage » représente un peu toute ma vie… ma mère est française et mon père guinéen. Je suis donc métissée, couleur caramel comme j’aime le dire. Avec le travail de mon père, j’ai pu partir dans plusieurs villes de France et quelques pays. J’y ai rencontré des gens différents et j’ai toujours aimé ce melting-pot.

Les origines…

Je n’ai jamais pu aller en Guinée pour des raisons sanitaires et de sécurité au départ. J’ai découvert ce pays et ma famille grâce aux longues conversations avec mon père et ses amis. Je sais que c’est un pays très vert, où la femme est très importante dans le couple notamment (« Guinée » signifie femme). Je sais que ma grand-mère était très douce, bienveillante et d’une beauté à couper le souffle. Mes grands-parents étaient assez atypiques. Mon grand-père était toujours vêtu d’un costume. Il avait de nombreuses activités : arbitre de football international, instituteur, chef d’orchestre… et ma grand-mère possédait des hectares de fruits (mangues, ananas…). Mes grands-parents étaient très ouverts d’esprit et ne souhaitaient imposer à aucun de leurs enfants une religion. C’était à eux de choisir ce qu’ils voulaient. Cela dit, le passif de mon père dans ce pays est très lourd. La dictature a laissé des traces aussi bien dans ma famille que dans le pays entier. Lorsque j’avais la 20taine, mon père a fait une dépression très grave et j’ai dû l’aider comme je pouvais. Ce fut une période très difficile où j’ai ressenti à la fois de la colère et de la peine. Sa dépression était due à son retour en Guinée pour quelques jours. Avec du recul, je crois que toutes les expériences (même les plus difficiles) apportent quelque chose de positif et sont utiles pour notre développement personnel. Cela m’a permis de mieux connaître mon père, son parcours atypique… et comprendre pourquoi il est toujours aussi joyeux. J’apprends petit à petit ce qu’il a vécu comme si je découvrais chaque fois un nouveau chapitre d’un livre. J’aimerais connaître mes origines mais je ne me sens pas prête à y aller. Chacun avance à son propre rythme et je l’accepte.

Un pays qui a changé ma vision des choses

Cela dit, j’ai pu, dès l’enfance partir au Senegal, un pays où mon père a vécu de nombreuses années. Il était très important pour mes parents que je découvre mes origines africaines en général. Nous sommes allés en Casamance (l’une des plus belles régions d’Afrique de l’Ouest). C’était une région très pauvre où les conditions sanitaires n’étaient pas bonnes. Pas d’eau potable. Ce fut un gros choc émotionnel pour moi. Je n’avais jamais été confronté à la pauvreté. Ce qui m’a le plus marqué a été les sourires et la joie des habitants malgré tout cela. J’en ai retenu que, d’une part j’avais beaucoup de chance d’être née en France et d’autre part que nous n’avions pas besoin de grand chose pour vivre et être heureux. Ensuite, nous sommes partis à Dakar (la capitale). Ce n’était pas la même ambiance, beaucoup plus de monde. L’odeur y était différente (elle ressemble fortement au poivre de Penjab d’ailleurs). Pour moi, c’est l’odeur de l’Afrique. La vie y est tranquille et personne ne se presse. Les sourires sont toujours là. Le rythme est beaucoup plus calme que dans la région parisienne et cela fait un bien fou. Nous sommes repartis à plusieurs reprises à Dakar et les gens se souvenaient parfaitement de nous. J’ai rencontré la voyante de mon père qui avait prédit ma naissance. Cette femme âgée était d’une beauté incroyable et la sagesse émanait de son visage. Je pense que ce sont des gens qui accordent une très grande importance à l’autre et à l’humain en général.

Douceur…

A la fin de mes études, je souhaitais repartir un peu partout : j’ai commencé par découvrir Rome, une ville magnifique à mes yeux, un musée à ciel ouvert. J’avais réservé une chambre dans un hotel à la dernière minute. La chambre était rudimentaire… mais mon excitation était tellement intense d’être à cet endroit que cela m’était complètement égal. Ce qui m’a le plus marquée, ce sont les oeuvres magistrales du Bernin à la Villa Borghese que j’ai découverte avec beaucoup d’émotions, les antiquités dans les villes et les musées, l’atmosphère bien particulière.

Ensuite, je suis partie en Corse en vacances (pour la première fois de ma vie), j’étais tellement concentrée sur l’instant présent que mes souvenirs sont incroyables. J’y ai découvert des paysages à couper le souffle, un vrai havre de paix. Des plages paradisiaques. Des gens très agréables et ouverts d’esprit (à l’inverse de ce que l’on m’avait dit). Petite parenthèse : Quand on est pleinement dans l’instant présent, en accord avec ses attentes et besoins et surtout lorsque la tête, le coeur et l’âme sont alignés, ce sont des moments magiques qui se dessinent. Aujourd’hui, lorsque je sens que quelque chose n’est pas correctement aligné, je me pose la question et y remédie très vite.

Une nouvelle étape…

A peine arrivée chez moi, je devais repartir pour un mois à Brighton. Je souhaitais apprendre une langue universelle pour échanger avec le monde entier, découvrir et m’enrichir d’autres cultures. C’était l’une des grandes raisons des voyages linguistiques.

Arrivée à Londres, je ne parlais quasiment pas anglais mais je devais aller à Brighton & Hove. Je m’étais donnée comme règle de ne surtout pas prévoir mon trajet. Je voulais voir si je pouvais me débrouiller en anglais dès le départ. J’ai demandé à un monsieur qui m’a indiqué une mauvaise direction à cause de mon accent (Brixton et Brighton, ce n’est pas tout à fait les mêmes endroits) – Ce fut donc un essai peu concluant. Après un périple de 2 heures 30 min au moins, je suis enfin arrivée dans ma nouvelle maison. La personne qui m’hébergeait était adorable. Une américaine du Texas (si mes souvenirs sont bons). Ses activités étaient assez étonnantes : elle hébergeait des étrangers et était une nounou pour chiens. Elle était aux petits soins avec moi. Mes premiers jours étaient difficiles, je cherchais mes mots pendant 2 minutes à chaque fois. Vous imaginez bien le temps nécessaire pour avoir une conversation. Puis, petit à petit, j’osais de plus en plus parler. Je pense qu’au départ, j’étais concentrée sur ce que les autres pouvaient penser de moi lorsque j’échangeais et cela me bloquait. Puis, je me suis dit que l’important était que j’échange, peu importe s’il y avait des fautes d’orthographes ou non. L’important est de se faire comprendre. C’est un peu comme dans la vie. Si on reste concentré sur ce que l’autre peut penser, on a du mal à s’exprimer avec fluidité puisque l’on n’est plus nous-même, on ne fait que vouloir répondre à l’attente de l’autre. Dans ce cas, on ressent une gêne et c’est là que l’on peut se remettre en question. On se réaxe sur soi et on est mieux avec les autres. J’apprenais l’anglais, découvrais la vie à Brighton, je m’y suis fait des amis à la salle de sport où j’ai découvert de nombreux cours différents. Je côtoyais des gens du monde entier mais nous n’étions pas assez proches physiquement pour apprendre à se connaitre. Je vivais en banlieue (Hove) et toutes les personnes que je côtoyais vivaient à Brighton. Ca n’était donc pas un essai vraiment concluant pour le mélange culturel. J’ai tout de même pu revoir plusieurs fois une amie italienne qui était à l’Université de Brighton pour étudier l’art. Elle m’a fait découvrir son univers, ses œuvres, son style très particulier… Ce que j’ai le plus aimé à Brighton est l’ouverture d’esprit des gens que j’ai rencontré, le fait de pouvoir t’habiller comme tu l’entends par exemple. Nous faisions les courses en pyjama de temps en temps. Personne ne se retournait. Fait incroyable vu comme nous étions habillés (ex : couleurs les plus flashy, tongs pour mon amie alors qu’il faisait 10 degrés des fois). Lorsque je suis revenue chez moi, je n’avais qu’une envie : repartir.

Suite au prochain épisode…


Today, I wanted to discuss a subject that is really close to my heart: travel. In the second part, I will go a little further by integrating what it represents in a more general way for me. Feel free to comment or share if you feel like it.

For me, the word « voyage » represents a little bit of my whole life… my mother is French and my father is Guinean. So I’m mixed, caramel color as I like to say. With my father’s work, I was able to go to several cities in France and a few countries. I met different people there and I always liked this melting pot.

I was never able to go to Guinea for health and safety reasons at first. I discovered this country and my family through long conversations with my father and his friends. I know that it is a very green country, where women are very important in the couple (« Guinea » means woman). I know that my grandmother was very sweet, caring and of breathtaking beauty. My grandparents were quite atypical. My grandfather was always dressed in a suit. He had many activities: international football referee, teacher, conductor… and my grandmother grew hectares of fruit (mangoes, pineapples…). My grandparents were very open-minded and did not want to impose a religion on any of their children. It was up to them to choose what they wanted. That being said, my father’s liabilities in this country are very heavy. The dictatorship has left its mark both on my family and on the whole country. When I was in my twenties, my father had a very serious depression and I had to help him as best I could. It was a very difficult time when I felt both anger and pain. The origin of his depression was the fact of returning to Guinea for a few days. I would like to know my origins but I don’t feel ready to go. Everyone progresses at their own pace and I accept that.

That said, I was able to go to Senegal as a child, a country where my father lived for many years. It was very important for my parents that I discover my African origins in general. We went to Casamance (one of the most beautiful regions in West Africa). It was a very poor region where health conditions were not good. No drinking water. It was a big emotional shock for me. I had never faced poverty before. What impressed me the most was the smiles and joy of the inhabitants despite all this. I learned that, on the one hand, I was very lucky to have been born in France and, on the other hand, that we didn’t need much to live on. Then we went to Dakar (the capital). It wasn’t the same atmosphere, a lot more people. The smell was different (it strongly resembles Punjab pepper by the way). For me, it’s the smell of Africa. Life is quiet and no one is in a hurry. The smiles are still there. The pace is much quieter than in the Paris region and it feels great. We went back to Dakar several times and people remembered us perfectly. I met my father’s psychic who predicted that I would arrive and be a girl. This elderly woman was incredibly beautiful and the wisdom emanated from her face. I think they give a very important place to the other and to the human in general.

At the end of my studies, I wanted to go back everywhere: I started by discovering Rome, a beautiful city in my eyes, an open-air museum. I had booked a room in a hotel at the last minute. The room was rudimentary… but my excitement was so intense to be there that I didn’t care at all. What impressed me the most was the masterful works of Bernini at the Villa Borghese, which I discovered with great emotion, the antiquities in the cities and museums, the very special atmosphere.

Then I went to Corsica on holiday (for the first time in my life), I was so focused on the present moment that my memories are incredible. I discovered breathtaking landscapes, a real haven of peace. Paradise beaches. Very pleasant and open-minded people (contrary to what I was told). A quick aside: my most beautiful memories are when I was in the present moment, in accordance with my expectations and needs and especially when my head, my heart and my soul are aligned. Today, when I feel that something is not properly aligned, I ask myself the question and quickly fix it.

As soon as I got home, I was supposed to go back to Brighton for a month. I wanted to learn a universal language to exchange with the whole world, to discover and enrich myself with other cultures. This was one of the main reasons for language travel.

When I arrived in London, I hardly spoke any English, but I had to go to Brighton & Hove. I had made it a rule not to plan my route. I wanted to see if I could manage in English from the beginning. I asked a gentleman who pointed me in the wrong direction because of my accent (Brixton and Brighton are not quite the same places) – so it was an inconclusive test. After a journey of at least 2 hours and 30 minutes, I finally arrived in my new home. The person who was hosting me was adorable. An American from Texas (if I remember correctly). Her activities were quite amazing: she sheltered strangers and was a dog nanny. She was taking care of me. My first days were difficult, I searched for my words for 2 minutes each time. You can imagine how long it would take to have a conversation. Then, little by little, I dared to speak more and more. I think at first I was focused on what others might think of me when I was exchanging and it blocked me. Then I told myself that the important thing was that I was exchanging, regardless of whether there were spelling mistakes or not. The important thing is to be understood. It’s a bit like life. If we stay focused on what the other person can think, it is difficult to express ourselves fluently since we are no longer ourselves, we only want to respond to the other’s expectations. In this case, you feel embarrassed and that’s when you can question yourself. We focus on ourselves and we are better with others. I was learning English, discovering life in Brighton, making friends there at the gym where I discovered many different courses. I was around people from all over the world but we were not physically close enough to get to know them. I lived in the suburbs (Hove) and all my classmates lived in Brighton. So it wasn’t a really conclusive test for the cultural mix. I was able to see an Italian friend of mine who was at the University of Brighton studying art. When I came home, I had only one desire: to leave.

Following the next episode….

7 réflexions au sujet de “Carnet de voyage / Travel diary – 1st Part”

  1. Wow what a journey ! I ‘m so proud of you for taking the lead and discovering the world ! Travelling is magical . I think I truly under-estimated it before doing it alone or being responsible of a group abroad ,and realizing all the wonders this world has to offer and more than possessions the utmost surprises are the people , the encounters and the mindset shift .This is an amazing post that really resonates with me , So thank you my dear for sharing this message of universality and love of the adventure ❤

    Aimé par 1 personne

  2. Waouh… Je prends plaisir à lire, à voyager et imaginer tes différents voyages et rencontres !
    Ta façon d’écrire est telle qu’on a l’impression de revivre avec toi tes expériences,
    A très vite pour les prochains articles 😉

    Aimé par 1 personne

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